Semaine 3 : Quelles vitrines pour la ville cosmopolite ?

La ville multi-culturelle et cosmopolite à travers les Rez-de-Chaussée réinvestis.

A travers leurs vitrines, les boutiques révèlent les différentes facettes de l’identité de la ville et façonnent l’ambiance des rues. Leur disparition progressive et leur standardisation (via le développement des franchises) nous interpelle sur l’évolution des centre villes.

Ce temps d’action collaboratif s’est appuyé sur un partenariat fort avec les Archives Municipales et Saint-Étienne Ville d’art et d’histoire, présents avec nous pour interroger l’évolution historique du centre ville et capter la pulsation de ce quartier cosmopolite. En effet, ce temps hors les murs prépare l’exposition Saint-Étienne cosmopolitaine. Une boutique éphémère leur était dédiée où se côtoyaient documents d’archives inédits et modes de captation insolites (photomatons, studio d’enregistrement…).
Etaient mises en avant dans ces vitrines de ville des pratiques culturelles et sociales dans leur diversité. Des récits de vie étaient collectés pour créer des portraits sonores, qui seront livrés sur la nouvelle plate-forme sonore des Archives Municipales.

Pour vous, nous avons franchi les portes de ces commerces et avons collecté les témoignages de leurs propriétaires. Parce que les itinéraires de vie parlent d’eux-mêmes : ils ne racontent pas seulement la vie des gens mais aussi la vie du territoire sur lequel ils vivent, lieu composite aux multiples portraits ! Par la collecte de récits de commerçants et leur diffusion sonore au B.E.A.U, nous avons valorisé le patrimoine oral de Saint-Étienne et proposé une réflexion sur l’identité riche et plurielle de la ville !

Mardi 31 mars :
Ville cosmopolite à l’honneur

Cendrine Sanquer et Céline Soutif et toute leur équipe se sont installées dans la Boutique flash pour une semaine d’Archives hors les murs ! La boutique fut à nouveau transfigurée… Un peu plus loin Yoan et Amélie, rejoints par Sylvain ont organisé un studio éphémère d’enregistrement des musiques de l’immigration. Mélaine du CMTRA était là aussi, au début de son projet « Comment sonne la ville ? » pour réaliser un petit entretien avec les musiciens… Nouveaux publics, nouveaux croisements… En parallèle, les porteurs de projets se bousculent.. 5 ce matin ! un enseignant de danse traditionnelle, des artistes et artisans, céramistes… Nous avons aussi rencontré nos voisin qui viennent de monter une cantine solidaire dans l’ancien sanaga africa !

L’après midi, rencontre avec Chantale Deckmyn, une architecte et anthropologue qui nous a présenté un projet sur la rue D’aubagne programmé avec la Cie Ilotopie et non réalisée. Elle a travaillé sur le recopiage de l’existant… Comment en observant bien faire réémerger les ressources des lieux…

Nous avons fini avec Sandrine Sanquer dont nous sommes fans, capacité à relire la ville par son passé, de comprendre le pourquoi de l’agencement des rues et des immeubles… Nous avons fini avec Marie par un curieux rêve éveillé collectif. Marie, psychothérapeute nous a proposé de nous imaginer un espace rien qu’à nous et de reconstruire les liens à l’ici, au quartier, en cherchant les chemins et reconstruisant la ville….

Mercredi 1er avril :
Saint Etienne, une ville africaine

La journée a commencé par une balade sonore particulièrement stimulante, jeux divers dans les rues de la ville, écoute attentive des espaces inconnus.. Le groupe est renu réveillé !

Le studio d’enregistrement était toujours là : musique créole, arménienne, algérienne…

La tempete de cerveaux « Saint-Etienne, une ville africaine » en partenariat avec la galerie Reve l’Afrique voisine a posé de nombreuses questions essentielles : le peuplement de la ville, la mondialisation, l’accueil des étrangers, la qualité de vie ici et ailleurs, la vitalité des villes africaines, le sens de l’accueil, la spontanéité. Cendrine Sanquer nous a apporté des éléments historiques, des témoignages passionnants notamment sur le Saint-Etienne des années 70 et ses espaces publics et amicales si vivantes… L’envie de proposer des fête, d’affirmer l’importance d’animer les nuits et d’organiser des évènements spontanés… et de récréer des liens familiaux, amicaux…

Le soir Le théâtre livre fut invité à présenter une lecture : le Sanaga était plein, nouveau public, musiciens de jazz arrivé au dernier moment improvisation !

Jeudi 2 avril :
Le dernier Bistrot du Jeudi du B.E.A.U. !

Une balade est partit du BEAU jusqu’à la Cartonnerie, l’équipe du Remue méninges toujours présente avec son bar ambulant en test, a amèné avec elle une batucada pour accompagner le cortège. Sourires aux lèvres et c’est parti ! On inaugurait la boutiques “Archivez-vous” et “la boutique des modes” juste ouverte. Arrivés dans les locaux CARTON PLEIN c’était le défilé des groupes de musiques enregistrés dans le cadre du don du SON en début de semaine. Toutes les demies heures un passage ! Fado, musique Kabyle, berbère, sicilienne, algérienne… et un boeuf pour terminer.

En parallèle, attaque sur les murs du BEAU : gare à la gentrification ? En effet ces graffitis sont peut être légitimes… À qui faut il les adresser ? la transformation du quartier est elle faite au détriment des pauvres qui habitent aujourd’hui majoritairement le quartier ?

Vendredi 3 avril :
Les cafés comme lieux de sociabilité

Rencontre avec Catherine Gauthier autour des cafés comme lieux de sociabilité et d’intégration. Prise de pouls au Café de l’époque et dans un café turc en direction du quartier Beaubrun chez Colas… L’après midi fut consacrée à une réunion avec les Archives, Catherine et Sandrine et l’équipe carton plein pour penser la mise en place de l’exposition Saint-Etienne cosmopolitaine dès septembre et les partenariats possibles pour pouvoir mettre en résonance dans la ville cette question de la diversité culturelle liée à l’histoire industrielle et d’immigration de la ville…

Samedi 4 avril :
B.E.A.U. tifull finish !

C’était le BEAU tifull finish ! Thimothéé est venu immortaliser ce moment en photographiant les différentes boutiques bientôt disparues.

Grande balade urbaine pour remonter les informations collectées. Les commerçants était décus de notre départ déjà là et les habitats surpris. Il pleuvait mais le public était au Rendez vous. Beaucoup de contacts et de questions sur la suite ? Quoi poursuivre ? quoi transmettre à qui et pourquoi ? Ce midi Lionel Saugue, élu au commerce est venu pour un entretien. Il a été très volontaire et a souhaité appuyer les commerçants en étant présent et en soutenant davantage les associations de commerçants. La ville va se doter d’un nouveau directeur spécifique pour la dynamique commercial. Le rêve de Lionel Saugue est d’installer de grandes enseignes comme Starbuck café ou nature et découverte ? La ville de Saint-Étienne va t elle aussi subir la standardisation commerciale et l’omniprésence des franchises au dépit du commerce indépendant ? Les locomotives commerciales sont recherchées pour tenter de maintenir les autres formes… La stratégie est elle vraiment efficace ?