Semaine 1 : Une fabrique citoyenne de l’espace public

Réfléchir c’est bien, tous ensemble c’est mieux !

Durant cette semaine, partout, les fourmis du B.E.A.U. ont activer le quartier : prototypage dans les rues, sur les places et les placettes, toilettage des vitrines, installation d’enseignes, lâcher de crieurs de rue et défilés d’ambulantes, workshop international, enquête en porte à porte ! Tout le monde s’est retrouvé dehors pour créer du débat, sensibiliser les habitants, les commerçants et les passants aux enjeux des transformations urbaines, pour recueillir les idées, les envies, les possibles !

Nous avons testé In situ des modalités d’occupation et d’animation des espaces publics, comme autant de prises et de prétextes à la rencontre.
Le lancement des Studios Carton (agence de presse multimédia du B.E.A.U.) a permis d’aller questionner les habitants et les usagers du quartier.
L’accueil de nombreux visiteurs de la Biennale Internationale Design Saint-Étienne (50 designers européens dans le cadre du workshop Crossroads 2015, mais aussi de nombreux visiteurs) a permis de croiser des regards très différents et d’ouvrir de nouvelles pistes d’action.

Lundi 16 – Mardi 17 mars :
Human Cities

La première Tempête de cerveaux du B.E.A.U. a eu lieu dans le cadre de Crossroads 2015, le réseau Human cities et celui des villes design Unesco étaient invités à participer à un workshop organisé par la Cité du Design : Human Cities – L’échelle urbaine en question, avec l’invitation de 50 designers européens à venir explorer le quartier et alimenter notre travail.

CARTON PLEIN a pris en charge l’organisation et l’animation : 2 jours d’immersion dans le centre ville de Saint-Étienne pour une appréhension sensible de la ville, des rencontres avec porteurs de projets et des commerçants, du prototypage rapide de mobiliers urbains dans l’espace public. La Corée, le Japon, L’Angleterre, la Belgique, la Slovénie, l’Estonie, l’Autriche, la Pologne, l’Italie… étaient représentés ! Un cocktail de nationalités réunis dans le quartier Jacquard autour du BEAU.

Un film de synthèse réalisé par la fabuleuse équipe des studios CARTON en ligne !

Vidéo Human Cities

Mercredi 18 mars :
Le quotidien

Le BEAU a pris son rythme quotidien. Des passants pointant leurs nez : “c’est quoi au juste votre histoire ?” Discussions nombreuses sur l’histoire du quartier, les enjeux du commerce de proximité, les possibles réouverture et transformations, les manques et les besoins, les envies et les rêves… Une dame voudrait ici un lieu pour que les personnes âgés puissent se connecter sur internet tout en discutant et buvant le thé, un monsieur nous dit qu’il voudrait transformer son rez-de-chaussée en garage, là un propriétaire d’une boutiques vacante depuis plusieurs années s’intéresse aux boutiques éphémères… Prise de conscience du potentiellement, beaucoup de personnes qui gravitent autour du projet ont quelques idées derrière la tête…

Jeudi 19 mars :
Lancement de l’Agence (hihi)mobilière !

On reportait les données déjà là sur les fiches descriptives des rez de chaussée vacants : Sont elles à vendre ? À louer ? En mutation ? Qui est le propriétaire ? Un deal est-il à trouver pour activer sa réappropriation ?

En parallèle, on a ressorti le PLU (Plan Local d’Urbanisme) où sont indiquées les nombreuses contraintes réglementaires : savez vous que dans la rue Paul Bert, l’un des côtés ne peut recevoir d’enseignes ? C’est la loi du zoning urbain ! en l’occurrence une ZPPAUP (Zone de protection du patrimoine architectural, urbain et paysager) interdit toute exubérance : rappelons-le : la façade du B.E.A.U. était temporaire, c’était la dimension événementielle qui permettait à cette excentricité de couleur d’exister !

Mais sachez aussi que le PLU est en pleine refonte : ne serait-il pas l’occasion de repenser son contenu ?

Vendredi 20 mars :
Colloque : Animer l’espace public

Nous étions ce jeudi au colloque « Animer l’espace public, une esthétique de l’éphémère ! » (https://masterespacepublic.wordpress.com/) , sujet qui fait complètement écho à notre pratique. Fanny Herbert est intervenu pour une présentation de Carton Plein autour de l’expérience de la Cartonnerie, récit organisé autour des catégories d’ordre et de désordre.

Nous avons profité de cet opportunité pour construire une petite intervention collective. À cette occasion, nous avons hébergé Bahri Ben Yahmed de l’association Danseurs citoyens à Tunis. Il y a fait un récit d’expérience touchant sur la liberté de danser dans l’espace public.

Samedi 21 mars :
Colloque : Animer l’espace public

Après un training à base de percussions corporelles, ici au BEAU on a fait le bilan de la semaine ! Samedi pluvieux ! Les Vieux Beaux restent au chaud. Des dizaines de courageux ont affronté la pluie et sont partis avec Costanza Matteuci et le collectif La Louce autour d’une exploration des signes et des écritures de rue. Avec le Collectif etc, discussion sur la suite : comment donner corps aux envies des commerçants ? Comment gdes traces et des possibles dans le quartier ? Les studios carton s’organisent : dès la semaine prochaines reporters embarqués et Tempêtes de Cerveaux prendront place autour du BEAU !

Reportage de Hervé sur la balade des écritures de rues :

À 15h

Costanza Matteuci et Marine Delcroix organisaient une balade autour des typographies d’enseignes dans le quartier Jacquard. Malheureusement, la pluie a rendu l’opération difficile. Pour certaines photos, il a même fallu revenir sur place une fois le beau temps revenu pour pouvoir les faire.

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Nous avons tout de même pu visiter une dizaine de lieux, boutiques ouvertes ou fermées, autour du B.E.A.U., témoignant de la variété et de l’inventivité du commerce de centre ville au sujet de la typographie.

La première boutique, Berthommier Retouches, est fermée depuis une dizaine d’années, et l’on observe les lettrages qui se décalent ou s’évanouissent par la force du temps.

Capture

L’étonnant est que l’on peut observer sur cette devanture le symbole-lettre Fer à repasser !

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Ensuite, nous avons fait un détour par l’atelier – ce n’est pas une boutique – Précision Stéphanoise, dont le lettrage style Far-West nous a étonné.

precision stephanoiseEnsuite, l’enseigne Coiffure Dame, rue Bourgneuf, est un bijou d’inventivité.

coiffures dames

On observe bien sur la forme audacieuse du “s”, ou comment certaines lettres, telles le “c”, sont incomplètes, la ligature laissant l’imagination terminer la lettre.

Ensuite, au carrefour des rues Bourgneuf et Maringo, on peut voir un désordre surchargé et plutot aveuglant de styles. D’abord sur les devantures des restaurants, où les couleurs, les styles, se multiplient sur un espace réduit.

le tanger

la casa

Et dans les annonces sauvages, pourtant sérieuses puisqu’il s’agit de vente de terrain, on peut même apercevoir la pratique du “N” inversé !

terrain à vendre

En remontant la rue de Marengo vers la place Jean Jaurès, dans la rue Camelinat, on aperçoit deux enseignes de boutiques fermées depuis longtemps. Bien que géographiquement proches, leur style est radicalement différent. Il s’agit des boutiques Util’ménage, et Fromagerie.

util'menage

fromagerie

Enfin, avant que la pluie ne gagne la partie, nous avons pu faire un détour pour contempler, caché derrière une vitrine que le temps a rendu opaque, une vieille enseigne au néon “Faust”.

faust

Les promeneurs se sont réfugiés dans la boutique d’accueil des non terriens, car ils savaient que même les terriens y reçoivent un bon accueil.