Du son dans nos vies, de la vie dans les sons…

Un grillon, des imams et du kickboxing… ( vendredi 27 mai – 22h)

 » On vit par le destin  » – rencontre impromptue (samedi 28 mai – 16h)

Chaïma et Mohamed se clashent… en chantant… (samedi 28 mai – 21h)

Debriefing de l’atelier impro de la veille, entre le réveil corporel et les lectures d’autoportrait.
Debriefing de l’atelier impro de la veille, entre le réveil corporel et les lectures d’autoportrait.
Cours de breakdance pour confirmés et débutants, histoire de bien finir la matinée.
Cours de breakdance pour confirmés et débutants, histoire de bien finir la matinée.
Nos voisins à Gabès : les vendeurs d’ail.
Nos voisins à Gabès : les vendeurs d’ail.
Depuis la révolution, plus beaucoup de touristes à Gabès. Nos ganaches les font bien rire.
Depuis la révolution, plus beaucoup de touristes à Gabès. Notre présence les amuse.
Dali à la photo.
Dali à la photo.
Aymen et Zied, aux antipodes
Aymen et Zied, aux antipodes
Point de vue sur l’oasis.
Point de vue sur l’oasis.
Les comédiens et ceux qui travaillent dans l’ombre.
Les comédiens et ceux qui travaillent dans l’ombre.
Mohamed
Mohamed

Samedi 28 — À l’oasis

Toujours vers 7h, le réveil des troupes est ce matin un peu plus compliqué. Avec Ali, Yoann, Luce et Sonia, on se fait le Miam aux fruits frais dont on se parle depuis mardi, avec ça tu repars du bon pied.
C’est déjà un classique, les retrouvailles matinales avec le petit échauffement que dirige Cécilia. Suit un debriefing de l’atelier d’impro d’hier, les jeunes sont avec nous cette fois, livrent leurs impressions. Toujours assis tous ensemble dans le gymnase, chacun prend la parole pour lire son autoportrait, rédigé hier à partir de l’exercice de Katell. Le dernier travail de la matinée est dansé, Christophe et Cécilia proposent un pur cours de breakdance pour tout le monde, et tout ce petit monde s’en sort franchement bien.
Avec Ali on passe pas mal de temps sur les contenus du blog, elle au montage vidéo, moi au texte et à la mise en forme d’un trombinoscope des Tunisiens. Ça nous a presque bouffé toute la matinée, on ferme nos maudits ordis et avec Yoann-gingembre-citron on part se promener, acheter quelques broutilles et manger une super assiette de poisson grillé. Il est 15h quand on se retrouve tous au car, on a laissé tomber l’option hammam d’El Hamma pour l’oasis de Chenini. Une petite sieste dans le frigo roulant plus tard, nous voilà à nous promener dans un canyon plutôt verdoyant pour le coin, on croise des groupes de filles qui fêtent la fin des cours et nous accostent, quelques uns des garçons se prêtent au jeu pour des chansons improvisées. Mais ce qui nous intéresse le plus, c’est l’histoire des vingt-cinq paires de Puma Suede que possède Christophe. Un peu plus loin dans notre promenade, Gregory «GourouGabès666» et Mouadh «Musclor» grimpent sur un bord de falaise et font les guignols depuis là-haut. À notre tour on monte la petite colline et s’invente une première performance, dansée par Mouadh, Christophe, Cécilia, Dali et Bilel. Avec en ligne de mire, la grosse usine de ciment qui pompe toute l’eau des alentours, la survie fragile de l’oasis ne tient qu’au travail d’une asso locale. Une seconde performance se joue sur le toit d’une construction abandonnée, encore de belles images dans la boîte. Un petit garçon qui habite dans une maison perdue là, nous observe de loin, on se serre la main, les sœurs restent cachées, et après un petit temps il finit par oser venir voir ce qu’on fabrique. Il regarde, bras croisés. Qu’est ce qu’il peut comprendre, s’imaginer?
En redescendant, une troisième performance est préparée par les jeunes avec Atef. Après s’être concertés cinq minutes, ils se lancent. Ils jouent quelque chose comme la guerre, des soldats, de la violence, du dramatique, de la danse aussi, toujours. Ils sont si habiles, ce qu’ils donnent à voir se tient même s’il y a quelques flottements pendant la demi-heure que dure ce spectacle, nous sommes vraiment impressionnés par ce que font ces jeunes. Ce sont des ovnis. Katell trouve les bons mots, ce qui nous souffle, c’est le mélange inédit, dans leur art, entre la fraicheur des jeux de rôle qu’inventent les enfants et l’intensité, la maîtrise, qu’ils savent déjà manipuler sur scène. Ils ont entre seize et vingt-et-un ans. Qui seront-ils dans dix ans? Auront-ils toujours ce mélange de feu, de beauté, de liberté en eux?
Pendant le spectacle, Sonia est surprise par un truc froid contre son bras. C’est une marmite de couscous que nous offre des femmes rencontrées par Yoann et Grégory sur le chemin.
L’après-midi se termine au café de l’oasis où la nuit nous rejoint, on mange des pizzas à rien, cuites à la poêle sur un petit feu de bois, pendant que braille à bout de souffle le présentateur de la finale de la ligue des champions.
Retour au car, retour à Gabès, retour sur nos canapés faux cuir pour préparer des groupes de travail pour demain, retour sur le perron où on capte le wifi, retour dans nos lits.

Adrien