Processus

Épisode 1
Chantier ouvert au public
de novembre à décembre 2010
Au tout départ, une mission exploratoire permet de repérer les enjeux du projet et de proposer de premières pistes. Pour commencer, l’équipe de CARTON PLEIN s’est immergée sur le site et ses environs. Cette première approche a permis à l’équipe de produire une analyse sensible, partager intuitions et sensations, rencontrer le voisinage, créer un journal mural, imaginer l’ouverture du site au public, créer le cadre du projet, et mettre en visibilité la dépollution du site et le chantier en cours. L'EPASE nous ouvre une pièce au rez de chaussée d'un immeuble voisin où nous cohabitons avec l'atelier Hors les murs de l'école d'architecture mené par Marie Clément... il n'y a pas de chauffage mais nous sommes à fond !
L'épisode 1 se clôture avec un événement pendant la biennale du design : le journal mural est affiché, la soupe sous les arches éclairées, les étudiants qui questionnent les passants autour de leurs outils de médiation, les enfants de l'Amicale Laïque Chapelon qui projettent la mémoire, le présent et futur du lieu sur les murs...

Épisode 2
Espace public en co-construction
de janvier à juillet 2011
L'épisode 2 est la suite logique. Dans ce terrain vague encore en dépollution, fraîchement transformé mais encore austère tout est à imaginer. L'espace public est temporaire, durera peut être seulement 5 ou 10 ans : comment imaginer des installations peu coûteuses, malléables qui correspondent à l'idée du chantier, qui évoluent pour fabriquer un paysage toujours changeant ?
Nous menons de nombreuses expérimentations directes : grands jeux, création d'un terrain de billes géant, mise en place de medium de sensibilisation, plantations diverses...avec une attention portée à la co-conception lors des «Chantiers créatifs».
Tous les voisins réclament des jeux, alors même que s'esquissent de nombreuses pratiques de jeux libres et moins formatés que dans les aires traditionnelles. Nous décidons d'organiser une observation collective, avec la création d’un répertoire-nuancier des aires de jeux stéphanoises selon un protocole de photographie précis et une étude fine des pratiques de jeu. Notre intérêt se porte sur les usages repérés dans les aires de jeux dédiés, et ceux qui débordent sur l’espace public. Ce travail affiché sur les murs de La Cartonnerie est valorisé dans le cadre de workshop avec des étudiants d'architecture, mais aussi dans le cadre de Human cities.
Pour recevoir des événements et commencer à activer l'espace public, nous accompagnons l'EPASE comme assistant à maîtrise d'ouvrage. Nous réalisons directement une partie des travaux sur le site, tandis que l'autre est menée par une maîtrise d'oeuvre plus classique. Au final la scène sol s'esquisse, la récupération des bordures de trottoirs de la place voisine en chantier donne l'opportunité d'aménager un jardin partagé sommaire. Nous commençons à accueillir des fêtes et événements sur le site.

Épisode 3
Terrain de jeu pédagogique
de juin 2011 à juin 2012
C'est l'année des expérimentations pédagogiques. Nous sollicitons les universités, les écoles et de nombreux projets affluent : la Cartonnerie est un lieu de formation hors-norme. L'atelier Hors les murs de l'école d'architecture s'intéresse aux jeux de conception. Leur travail remarquable les conduit à tester dans les écoles et collège du quartier. Le BTS design Honoré d'urfé amorce un travail sur la création d'une assise collective. Ils proposent d'utiliser le carton pour réaliser des expérimentations échelle 1 avec les enfants. Nous prenons le temps de travailler avec eux sur les usages, d'alimenter la réflexion et apprenons d'eux et des expériences menées. Tous ces projets reposent sur des croisements multiples, sortent des cadres habituels, impliquent l'EPASE et la ville, les aménageurs, le conseil de quartier, les associations et les habitants tout au long de leur processus de réalisation. Des temps de rendez-vous mensuels permettent de créer la rencontre autour de ces projets liés aux écoles ou de réfléchir avec les habitants aux aménagements du site (les murs, le jardin expérimental). CARTON PLEIN se fait mieux connaitre chez les voisins et le site est animé de ces groupes nombreux. Les associations nous sollicitent de plus en plus pour organiser des événements sur le site.
L’espace public expérimental de le Cartonnerie conserve son positionnement en gagnant en autonomie et en devenant un lieu de plus en plus vivant et fréquenté.

Épisode 4
À l’assaut du quartier !
de septembre 2012 à septembre 2013
L’année 2012 a été riche d’expérimentations nouvelles, boostée par une invitation lors de la Biennale Internationale du Design à proposer une exposition événement dans le cadre d’empathiCITY Making our city together du réseau des villes design Unesco. Ce sont aussi de nouvelles rencontres, à Bruxelles, Saint-Étienne, et partout en France et ailleurs qui alimentent et étoffent le projet.
L’ancrage local n’est plus à conquérir : il existe. Les sollicitations sont nombreuses, les liens s’inventent avec les envies de l’équipe et les partenaires de proximité (médiathèque, écoles, associations diverses, Ville de Saint-Etienne, Cité du design, institutions d’enseignement supérieur...).
En 2013 « Parcours de jeu », « Viaduc fertile » mais aussi « Tous dehors ! » nous font sortir de La Cartonnerie et proposer divers événements et installations dans d’autres espaces publics du quartier... Nous commençons à essaimer au-delà du terrain de jeu originel !
La Cartonnerie comme espace public atypique garantit les interactions entre le lieu de recherche-expérimentation et les usagers du site, permet de tester de nouvelles formes d’activation citoyenne ainsi que des collaborations inattendues (fête de Mayotte, commémoration de la Mort de Salvadore Allende avec les chiliens...) qui, en effet de ricochets, nous insufflent la nécessité que l'espace public stéphanois soit support de l'expression des diversités culturelles de la ville.

Épisode 5
Le laboratoire urbain en marche
de septembre 2013 à maintenant
L’évolution de la structure associative est enclenchée, et le projet change d’échelle en s’autorisant de nouveaux territoires d’exploration. Nous réfléchissons à l’équilibre de la structure et à sa restructuration.
La maison de Jacqueline, au 45 rue Étienne Boisson est totalement investie. Des chantiers collectifs permettent de rendre le lieu agréable pour un travail quotidien et l'accueil en résidence. Le collectif etc y participe grandement.
Même si le nombre de voisins et d’étudiants volontaires augmente, nous doutons et peinons à trouver l’énergie nécessaire au renouvellement permanent de nos modes d’actions. La saison culturelle animera le site 4 fois par an autour de nos thématiques de recherche et des opportunités. De nouveaux partenariats avec les structures culturelles de la ville permettront de mettre en place en 2014 de nouveaux partenariats....
Mais le projet du viaduc piétine : nous sommes en roue libre et sans financement. Comment retrouver du sens pour continuer l’activation du lieu si nous ne sommes plus associés aux projets urbains ? Depuis notre zone stagnante, nous observons l’agitation des zones prioritaires : d’un côté Jacquard et ses espaces publics centraux, de l’autre le quartier créatif. L’EPASE et la Cité du Design nous sollicitent pour mener un Tous Dehors! à la Manu ! » au coeur de ce nouveau quartier créatif : c’est bien là que ça se passe !
Ballottés de gauche à droite (la municipalité change de bord), nous avons besoin de prendre du recul et nous autorisons d’autres territoires d’exploration. L’expérimentation se poursuit en Belgique avec Bruxelles Canal pour une enquête collaborative menée avec 500 étudiants. Puis c’est le décollage pour la Colombie avec Terrain de jeu Import / Export ! »

Épisode 6
L’urbanisme de plein pied !
de septembre 2014 à octobre 2015
Les projets pour la Cartonnerie étant au point mort, nous choisissons de développer le projet Sainté itinéraires croisés, esquissé l’épisode précédent. Il questionne l’identité de la ville au delà du marketing territorial et cherche à encourager l’expression de la diversité culturelle liée au peuplement de cette ville industrielle, dans l’espace public. Nos marches mensuelles mettent la focale sur les boutiques comme vitrines de la ville cosmopolite.
L’agence de voyage OVNI embarque les visiteurs des Journées du patrimoine dans des marches urbaines qui mettent en scène notre enquête.
La Biennale du design arrive à grands pas (troisième round !) et avec elle un nouveau levier d’action ! Notre laboratoire urbain avec son lieu de résidence, ses espaces de travail partagés, ses collaborateurs nombreux, sa connaissance fine du territoire, est prêt à intervenir sur la ville ! Pour la Biennale, à nouveau soutenus par l’EPASE, nous installons notre QG au cœur du quartier Jacquard pour tenter de trouver des solutions à la tendance qui semble bel et bien insoluble : le déclin du commerce de proximité, la vacance des rez-de-chaussée et la dégradation de l'ambiance des rues.
Le B.E.A.U. (Bureau Éphémère d'Activation Urbaine), propose un espace de réflexion et d’action collective. Des boutiques éphémères facilitent des tests d'activités, des boutiques outils permettent de valoriser les façades des rez-de-chaussée ou de construire du mobilier urbain dans les espaces intermédiaires, une agence (hihi)mobilière met en avant les biens existants, un Studio Carton devient média de proximité, et notre agence OVNI, un outil de production de récits. Toutes ces boutiques vides sont une bonne entrée pour impliquer les habitants dans leur quartier, créer des synergies, et penser un urbanisme de plein pied !
Notre laboratoire attire de plus en plus de compagnies et collectifs, artistes et chercheurs en résidence. Toutefois, nous sentons que notre ancrage à Saint-Étienne, toujours trop fragile, touche à sa fin : l'énergie nécessaire pour instituer notre dynamique est au delà de nos forces. Il faut penser à enterrer notre laboratoire urbain juste esquissé pour imaginer de nouvelles aventures ! Nous prenons le soin de transmettre lieu, et de capitaliser sur notre recherche au long cours. Cinq années d’expérimentation à éplucher, décrypter, passer à la moulinette, pour mettre en partage et continuer à faire bouger les cadres de la Fabrique de la ville. Le PUCA nous offre le cadre propice à consolider la dimension recherche-action via l’écriture de ce récit d’expérience. L’épisode 6 sera-t-il vraiment le dernier ?

Épisode 7 (faut-il le nommer ainsi?)
L'ultime réveil du viaduc
de novembre 2015 à maintenant
Après l'enterrement mexicain de notre laboratoire urbain en novembre 2015, nous amorçons la Transmutaction du projet vers d'autres activités et ancrages.
Le lieu est transmis à une association et d'autres entrepreneurs et artisans viennent s'installer avec nous. Nous sommes donc disponibles pour imaginer les contours du nouveau projet... Mais... nous sommes rappelés par l'EPASE et la maitrise d'oeuvre urbaine (Territoires urbains) pour travailler une phase de transformation des espaces publics situés autour du viaduc, et notamment la Cartonnerie. Les affaires reprennent ! Nous remobilisons notre expérience, nos contacts et pouvons enfin rentrer dans le vif du sujet. Nous infiltrons le monde merveilleux des services techniques de la Ville de Saint-Etienne enfin intégrés à la réflexion.
Sainté itinéraires croisés et la réflexion sur les Rez de chaussée nous rattrape aussi via un nouveau dispositif de la Cité du design et du programme Human cities (la chose) mais aussi par les envies de nos partenaires qui nous poussent à remettre le couvert en participant à une nouvelle expérimentation Rue de la Ville, quartier Beaubrun : c'est Ici bientôt ! Un boutique QG est ouverte en collaboration avec le CREFAD (structure qui oeuvre à l'accompagnement de projets de l'ESS)... Bref ça bouge encore !
C'est aussi la période d'exploration du CUBE via la Tournée générale, une nouvelle aventure pleine de surprise pour explorer l'acupuncture de territoire, diffuser notre bouquin et découvrir de nombreuses autres expériences stimulantes...
(la suite s'esquisse au jour le jour !)